Cours et séminaires 2019-2020

, par Ingrid Pichon

• Cultures visuelles des Lumières, Charlotte Guichard (IHMC/ENS)
S1
Niveau : étudiants avancés ou étudiants débutants curieux.
Très conseillé à ceux qui destinent à l’histoire de l’art moderne.
6ECTS
Validation : mini-mémoire (dossier d’analyse autour d’une ou plusieurs images).

LES MERCREDI PAR QUINZAINE, DE 9H30 à 12H30 (LES 25 SEPTEMBRE, 9 OCTOBRE, 16 OCTOBRE, 23 OCTOBRE, 6 NOVEMBRE, 20 NOVEMBRE, 4 DECEMBRE, 18 DECEMBRE) EN SALLE D’HISTOIRE (2E ETAGE, ESC. D).

Qu’est-ce qu’une histoire visuelle ? Dans quelle mesure les Lumières peuvent-elles être prises comme un laboratoire de la modernité visuelle ? Ce cours entend réfléchir à la puissance des images, dans un monde où celles-ci deviennent moins rares et plus efficaces dans l’espace public, suscitant de nouvelles formes d’appropriation grâce à des techniques et des dispositifs scopiques inédits (lanternes magiques, dioramas), avec des motifs plus directement puisés dans l’actualité et le contemporain. La modernité critique des Lumières est en effet indissociable d’une production nouvelle d’images et d’artefacts qui va changer la manière de voir le monde.

Destiné aux historiens et aux historiens de l’art, ce cours prendra la forme d’un atelier autour des productions visuelles emblématiques de l’âge des Lumières. Chaque séance comportera une discussion autour d’un article important, ainsi qu’une réflexion autour d’images choisies. On réfléchira au mode de production et de circulation des images, mais aussi à la censure et à la destruction qui pouvaient s’exercer sur elles. On réfléchira enfin aux enjeux d’une histoire événementielle traversée par l’image. Une séance se déroulera au Musée Carnavalet.

 

• L’art au risque de la bêtise (1965 - 2019), Morgan Labar
S1
Niveau : initiation et au-delà.
6 ECTS
Validation : mini-mémoire, commentaire d’œuvre

LE MARDI DE 9 H à 11 h, salle des actes. 1ère séance le 24 SEPTEMBRE 2019

Ce cours a pour objet le développement depuis les années 1960 de différentes pratiques artistiques délibérément bêtes, ou stupides à dessein, assumant et parfois même revendiquant leur bêtise. Phénomène marginal, excentré et parfois contestataire dans les années 1960 et 1970 (qui redécouvrent le mouvement Dada et s’éprennent de contre-culture), la bêtise est devenue à partir des années 1980 une donnée centrale de la production artistique. Elle est passée de la marge au feu des projecteurs. Dans ce mouvement elle a parfois perdu sa dimension critique et son caractère subversif. Pour saisir ce phénomène inédit par son ampleur il sera nécessaire de prendre en compte les paramètres que sont le marché global de l’art d’une part et l’industrie du divertissement d’autre part. Parallèlement à l’étude des pratiques artistiques, on s’interrogera sur le rôle des acteurs du monde de l’art  : galeristes, collectionneurs, critiques d’art, commissaires d’expositions et responsables d’institutions muséales. Ce cours abordera différents aspects de la question : la révolte contre le récit savant de la modernité, l’héritage de l’adage duchampien « bête comme un peintre », les mécanismes de diffusion, d’expansion, de légitimation et d’institutionnalisation de l’art bête, ou encore le rôle de Los Angeles comme modèle et catalyseur. Méthodologiquement ancré à la fois dans l’histoire (histoire de l’art et histoire culturelle) et la théorie (esthétique), ce cours naviguera à vue entre Jeff Koons et Dada, Alerte à Malibou et Adorno, les Ramones et Walt Disney ou encore Paul McCarthy, Rabelais et Guy Debord.

 

• Et si on parlait du musée ?, Nadeije Laneyrie-Dagen
S1
Niveau : initiation et au-delà.
Cours recommandé aux étudiants qui envisagent de préparer le concours de conservateur de musée.
6 ECTS
Validation : mini-mémoire – dossier relatif à un musée.

LE MARDI DE 11 H 15 à 13 h 15, salle des actes. 1ère séance le 24 SEPTEMBRE 2019

Il ne s’agira pas ici d’une initiation systématique à l’histoire du musée, même si cette composante sera évidemment présente. Mais on s’interrogera sur l’institution muséale en se demandant si elle ne constitue pas un mode de propriété et de présentation des œuvres lié à un état historique, et notamment à la discipline de l’histoire de l’art elle-même. On s’interrogera en bref, sur le passé, le présent et l’avenir ou les avenirs possibles du musée, ce qui supposera de questionner le rôle ou peut-être les rôles de celui-ci. On s’occupera d’architecture, de localisation, on posera la question du rapport entre privé et public, entre musée spécialisé et musée à vocation universelle, et on examinera si les collections permanentes ne sont pas les mal aimées d’institutions forcées d’attirer le public par des expositions temporaires. On se demandera, surtout, ce que le musée fait à notre perception des œuvres.

 

• Cours méthodique d’histoire de l’art, Nadeije Laneyrie-Dagen (S1), Charlotte Guichard (23 janvier- 6 février-20 février) et Morgan Labar (à partir du 27 février).
S1 ou / et S2
Niveau : cours d’initiation pour grands débutants.
Mais très conseillé éventuellement sur plusieurs années à ceux qui se destinent au concours de conservateur de musée, surtout s’ils ne sont passés ni par la licence d’histoire de l’art, ni par l’Ecole du Louvre.
6 ECTS/semestre
Validation : devoir intermédiaire (court) et mini-mémoire.

LE JEUDI DE 10 H à 12 H 30 en SALLE[MOU1] DES ACTES. 1ère séance le JEUDI 26 SEPTEMBRE.

Ce cours explore méthodiquement, mais rapidement, les différentes époques de l’histoire de l’art occidental. Le but est de baliser le savoir – d’y mettre de l’ordre. Il est aussi de ne jamais simplifier à l’excès. Chaque année, la méthode est différente. L’an passé, nous sommes beaucoup allés au musée. Cette année, nous irons un peu moins. On restera pour l’essentiel mais non toujours, à l’ENS, et on se concentrera un peu davantage sur les périodes moderne et contemporaine. Le cours envisagera une époque qui va du XIVe siècle aux années 1950 ou 60. On se servira de textes quelquefois, et beaucoup des œuvres : il s’agit moins d’apprendre des faits, que d’apprendre à regarder, à comprendre, à aimer en sachant pourquoi ou à détester pour de bonnes raisons. Le cours est exigeant, le numerus clausus (22 personnes) exige qu’il soit suivi avec assiduité, il concerne les débutants, mais aussi puisqu’il est conçu chaque année différemment, des étudiants qui ont déjà suivi ce cours l’année ou une année antérieure.

 

• Séances de tutorat en histoire de l’art, Morgan Labar et Nadeije Laneyrie-Dagen.
S1 et S2 6 ECTS / semestre
Niveau : Séances réservées aux Normaliens spécialistes d’histoire de l’art
, des débutants aux doctorants. Enseignement conseillé en particulier à ceux qui envisagent de préparer le concours de l’INP.
DEUX À TROIS MARDI PAR MOIS DE 14 À 16H EN SALLE WEIL. 1 ERE SEANCE S1 LE 24 SEPTEMBRE, PUIS LES 8, 15, 22 CTOBRE, 5, 19 ET 26 NOVEMBRE (le 5/11 en salle des Résistants), 10 ET 17 DECEMBRE (le 17/12 en salle des Résistants) ; 1 ERE SEANCE S2 LE 4 FEVRIER, PUIS LE 25 FEVRIER (EN SALLE DES ACTES), LES 3, 10, 17, 24, ET 31 MARS, LE 21 AVRIL. EN MAI : COLLES, ET SEANCES PERSONNALISÉES (PRÉPARATION AU CONCOURS DE L’INP)

Ces séances ont lieu deux à trois fois par mois au fil de l’année. Elles peuvent se conclure ou être scandées par des « sorties » ou voyages d’études. Elles ne sont pas « obligatoires », mais fondées sur le volontariat. Il s’agit d’abord de constituer une population d’historiens de l’art, jeunes et plus confirmés, travaillant sur des sujets et des périodes diverses, qui se connaissent – et l’on veut faire en sorte que les enseignants, dans une classe plus restreinte (12 personnes environ) connaissent vraiment leurs « spécialistes »… et réciproquement. On entend aussi « mettre au travail » ceux-ci, et les accompagner dans ce travail : ces séances ne sont pas des cours. Au gré des deux enseignants, selon les vœux et les besoins des participants, il s’agit de discussions sur des événements d’actualité (expositions, articles, circonstances du marché), de repérage parmi les journaux, émissions, blogs ; ou de lectures de texte – le principe, dans les trois cas, étant d’abandonner une approche et un « ton » (plan en trois parties, etc.) académiques. Les séances peuvent aussi être pragmatiques : il s’agit d’accompagner les candidats au concours de l’INP, dans les épreuves écrites et orales (les participants eux-mêmes, alors, sont susceptibles de se constituer en jury). À cause de cette diversité de sujets, et de méthodes, l’assistance aux séances doit être volontaire. En fonction de l’assiduité, la validation à 6 ECTS / année, ou 6 ECTS/ semestre.

Séances de tutorat du S 2

4 février Nadeije Laneyrie-Dagen : déplacement à Lyon toute la journée.

11 février, NLD, salle Weil  : deux oraux de présentation et un dossier professionnel à commenter – présentation et préparation des épreuves de l’INP (trois volontaires souhaité.es).

25 février, NLD, SALLE DES ACTES : invitée Flora Triebel, conservatrice à la BNF, ancienne élève, présentation de parcours, précédé d’une épreuve orale : dossier professionnel (volontaire souhaité.e).

3 mars, Morgan Labar, déplacement à la Maison Populaire de Montreuil, départ groupé de l’ENS à 13h  : être un-e jeune- curateur/curatrice aujourd’hui. Rencontre avec Thomas Conchou (Societies - Galerie Jérôme Poggi, et curateur indépendant). A lire : textes pour alimenter la discussion, fournis auparavant (dropbox).

10 mars, ML : déplacement au Palais de la Porte Dorée (départ groupé de l’ENS à 13h).Rencontre avec Hélène Orain, Directrice Générale de l’établissement public du Palais de la Porte Dorée (Musée national de l’histoire de l’immigration et aquarium tropical). [Un-e ou deux volontaires souhaité.es pour présenter l’histoire du lieu et/ou des collections du Musée national de l’immigration].

17 mars, ML, Weil : invitée Camille Paulhan, historienne et critique d’art (Artpress, Zérodeux, etc.). Séance sur la critique d’art en France depuis les années 70. Discussion sur métier de critique d’art aujourd’hui. A lire : textes pour alimenter la discussion, fournis auparavant (dropbox).

24 mars, NLD, Weil : invitée Yaelle Biro, conservatrice associée au Metropolitan Museum de New York : les musées et les arts premiers ; les musées américains et leurs spécificités. Présentation présentée par un oral, dossier professionnel concernant les questions relatives aux arts premiers dans les musées spécialisés ou non (volontaire souhaité.e).

31 mars, NLD, Weil : invitée Helia Paukner, conservatrice au Mucem, ancienne élève ENS – Lyon, formée à l’ENS pour la préparation au concours. Passer l’INP via le concours de conservateur du patrimoine… et devenir conservateur de musée (ou pas). Présentation précédée par un oral, dossier professionnel (volontaire souhaité.e).

21 avril, ML, Salle de Conférence, 46 rue d’Ulm : L’artiste en archiviste. Pratiques de l’archive dans l’art contemporain. A lire : textes pour alimenter la discussion, fournis auparavant (dropbox).

12 mai, NLD et ML, salle Celan, séance conclusive : la presse artistique aujourd’hui. Avec restitution de travaux préalablement demandés, et discussion.

 

• L’objet artistique. Matières, contextes, regards. Charlotte Guichard et Etienne Anheim (EHESS)
S1 et S2 (insécables)
Niveau : étudiants avancés et étudiants débutants curieux.
6 ECTS
Validation : mini-mémoire (rédaction d’une note critique autour d’un ouvrage).

UN VENDREDI PAR MOIS, DE 11H à 13H, SALLE DE L’IHMC (3 ETAGE, ESC. D) [LES 8 et 22 NOVEMBRE, 6 et 20 DECEMBRE, 10, 24 et 31 JANVIER, 28 FEVRIER, 13 et 27 MARS, 3 et 24 AVRIL).

Qu’est-ce qu’un « objet artistique » ? Cette question rappelle la longue tradition de la pensée philosophique depuis le XVIIIe siècle, ainsi que les réflexions menées dans le domaine anthropologique, autour de l’agency des objets (Alfred Gell), ou sociologique, avec la notion d’artification (Nathalie Heinich et Roberta Schapiro). La notion d’objet d’art correspond aussi à une catégorie classique de la muséologie. Ce séminaire a le projet de confronter ces traditions et ces démarches à une analyse à la fois historique, matérielle et visuelle. On voudrait ainsi réfléchir à la manière dont, au cours de la production des artefacts, la rencontre des savoir-faire et de la matière circonscrit – ou pas – le domaine de l’objet artistique, selon les époques, les techniques ou la nature des matériaux. Mais il s’agira également de s’interroger sur la manière dont les objets sont transformés, remodelés, exposés, pour devenir, au cours de leur vie sociale, des « objets artistiques ». Cette interrogation sur la trajectoire des objets relèvera ainsi tant de la temporalité que de la spatialité (l’objet « artistique » est-il un concept purement européen, peut-il être globalisé et à quelles conditions ?). Nous ferons alterner présentations de travaux en cours et séances méthodologiques et historiographiques liées à des lectures.

 

• Arts d’Afrique : initiation à quelques questions, Une série d’invitations fédérées par Nadeije Laneyrie-Dagen
S2
Niveau : initiation et au-delà. Cours
recommandé aux étudiants du Master Arts Théorie/Pratique.
6 ECTS
Validation : mini-mémoire

LE MARDI DE 10H à 12H30 EN SALLE WEIL. (SAUF LE 25 FEVRIER : EN SALLE DES ACTES)
ATTENTION : 1ERE SEANCE LE 11 FÉVRIER ET NON EN JANVIER.

La première séance du cours sur l’art africain classique, ce semestre 2, aura lieu le mardi 11 février à 10 heures en salle Weil À L’ENS 45 rue d’Ulm. Les séances dureront deux / deux heures trente. Le cours est ouvert , dans une limite numérique convenable, aux étudiants et auditeurs extérieurs à l’ENS (merci d’envoyer un mail : laneyrie-dagen@ens.fr)

Marguerite de Sabran ( Spécialiste des arts d’Afrique et d’Océanie, chercheuse et conseillère pour le marché de l’art) assurera les trois premiers cours, Yaëlle Biro (Docteure, Conservatrice associée pour les arts de l’Afrique au Metropolitan Museum of Art, New York), enseignante invitée à l’Ens, les trois suivants. Les trois derniers cours seront délivrés par Stéphane Martin, Président du Musée du Quai Branly jusqu’à décembre 2019, Maureen Murphy (Maître de conférences à l’université de Paris I) et Philippe Dagen (Professeur à Paris I)

La séance introductive (11 février, M. de Sabran) envisagera les constructions à partir desquelles s’est façonné le « savoir commun » sur l’art africain. Après quoi, les cours seront conçus comme autant de « déconstructions », fondées sur les savoirs et les questionnements actuels. La réflexion se concentrera sur les thématiques du sacré (25 février, M. de Sabran) et de la beauté (3 mars, M. de Sabran). 

Les cours de Y. Biro continueront cette exploration en la centrant sur la pratique de l’exposition. Le 10 mars, Madame Biro réfléchira sur la genèse et le propos d’une exposition qui retrace l’histoire artistique des empires aux marges du Sahara (Sahel, Metropolitan Museum of art, janvier-mai 2020). Les 17 et 24 mars, il s’agira d’examiner, à propos d’un projet à venir, la façon dont on peut concrétiser dans une exposition une réflexion sur les concepts et catégories qui régissent ou ont régi notre vision de l’art africain.

Chacun de ces enseignements commencera par un temps de parole avec les étudiant.es : on se concentrera sur une œuvre, ou un texte, proposé à réflexion en amont. 

Cette partie du cours sera complété par deux sorties (numerus clausus probable 15 personnes) au Pavillon des sessions et dans une maison de vente. Les dates de ces visites – facultatives – restent à préciser.  

Les séances du 31 mars, 21 avril, 28 avril, aborderont l’histoire et les spécificités du Musée du Quai Branly-Jacques Chirac ouvert en 2006 (S. Martin) ; la question des restitutions des objets prélevés en Afrique, après la publication du rapport Savoy-Sarr et les débats qui ont suivi sa publication (M. Murphy) ; et on réfléchira à propos d’une exposition prévue l’automne prochain au Musée du Quai Branly, à ce qu’on a appelé longtemps « primitivisme » et qui ne saurait plus aujourd’hui définir les liens qui existent entre art « classique » africain et arts d’aujourd’hui.

Le cours se veut donc une initiation à un art non occidental, puisque notre regard, aujourd’hui , ne saurait être borné au seul horizon de cet Occident, avec une orientation à la fois historique, critique, et muséographique – ce dernier angle de vue le recommandant aux élèves et étudiants qui envisagent le métier de conservateur ou commissaire. 

 La validation, dans le cadre du diplôme ou pour un master, s’effectue, outre la présence, par la remise d’un mémoire écrit de cinq à sept pages, sur un sujet choisi par l’étudiant.e et discuté avec les responsables du cours.